quand le chant de la relation sonne la fin
Mathieu est directeur commercial et membre du comité de direction. Je l’accompagne depuis plusieurs années. Cela fait quelque temps que les altercations avec son directeur général sont de plus en plus fréquentes au point d’amener Mathieu à remettre en question sa présence dans l’entreprise. Pétri de peur et embourbé dans un conflit de loyauté, il ne réussit pas à s’extirper de son impasse.
changement d’équilibre
Au cours des dernières séances, Mathieu se plaint de situations conflictuelles avec son directeur général. Il découvre que ce qui a changé, c’est surtout lui-même. Mathieu réalise qu’il a pris de l’assurance, tout en développant des compétences qui l’amènent à ne plus supporter les interventions et le mode de management de son directeur général. Et malgré ses tentatives pour exprimer ses désaccords avec son supérieur, la situation ne fait qu’empirer. Rien ne change ou si peu : Mathieu ne réussit pas à faire évoluer leur façon de travailler ensemble…
Je lui propose d’organiser une médiation avec le directeur général : Mathieu refuse ; un accompagnement ensemble : il refuse à nouveau. Peut-être est-ce le moment pour Mathieu de quitter l’entreprise pour réaliser un projet professionnel dont il parle depuis quelque temps et qui lui tient tant à cœur… Mais la peur le submerge. Le directeur général est, pour Mathieu, comme un pilier : il lui a beaucoup appris et, s’il en est là aujourd’hui, c’est notamment grâce à son supérieur. Partir signifierait le trahir… Mathieu est pétri de peur et embourbé dans un conflit de loyauté dont il ne réussit pas à s’extirper. Nous allons progressivement nommer les peurs, nommer le conflit de loyauté et toutes les entraves qu’il projette sur sa route et qui l’empêchent d’avancer. Malgré l’inconfort que Mathieu traverse, l’entreprise représente une forme de sécurité, c’est comme être à la maison, et les moindres recoins de son inconfort lui sont connus. Cela lui semble plus confortable que de changer.
pile ou face ?
Alors que Mathieu ne cesse de faire la liste des arguments pour ou contre, je lui propose de faire un jeu.
Christèle : « Mathieu, aimez-vous jouer ? »
Mathieu acquiesce.
Christèle : « Êtes-vous prêt à perdre deux euros ? »
Mathieu me donne son accord.
Christèle : « Alors, donnez-moi une pièce de deux euros. »
Mathieu sort son porte-monnaie et me donne une pièce de deux euros.
Je prends la pièce et la lui montre.
Christèle : « Pile, vous restez… Face, vous partez. »
Je vois Mathieu blêmir…
Ce jeu va permettre de créer un déclic, un déplacement intérieur, pour sortir de l’enfermement mental de la boucle des arguments pour ou contre.
Pour aller plus loin : découvrir l’outil Pile ou face ? ou comment le hasard éclaire ce qui est déjà là utilisé lors de cette mission et les ressorts théoriques avec Changer de niveau, Watzlawick et l’école de Palo Alto.
les résultats en mots
« Christèle m’a aidé à considérer ma situation en changeant de point de vue et à reprendre ma part de responsabilité dans la relation. Alors que je me sentais englué, j’ai repris mon pouvoir. Le jeu pile ou face a été un temps particulièrement fort de notre travail ensemble : je suis sorti de mon enfermement et j’ai trouvé les ressources dont j’avais besoin pour faire un choix et l’assumer. » — Mathieu, directeur commercial





