le souffle du vivant

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En ce début d’année, face à la noirceur des nouvelles effroyables, j’ai parfois envie de rester sous ma couette et d’hiberner comme une marmotte. Mais je ne peux pas. Parce qu’il y a Tao, mon berger allemand.

Chaque matin, Tao vient me réveiller. Il n’a pas le droit d’entrer dans ma chambre, sauf pour ce rituel qu’il a lui-même instauré : il s’approche, fait de petits couinements qui disent « lève-toi ». Je pose la main sur sa tête en lui murmurant : « J’arrive. » Alors, il repart.

Tao m’oblige à me lever, à sortir de chez moi. À marcher trois fois par jour, quelle que soit la météo. Son programme journalier se déroule ainsi : pipi–caca, marcher, courir, jouer, sentir, rencontrer.

Mais Tao m’oblige aussi, par sa présence, à revenir dans mon corps, à écouter ce qu’il s’y passe. À vivre avec la saison qui est là. À sentir, à observer la nature qui semble endormie, alors qu’en souterrain, le printemps se prépare. Et cela me rassure : après l’hiver vient toujours le printemps.

Il en est de même à l’intérieur de chacun de nous. Quand l’ombre menace, je me rappelle que tout passe. Cela, aussi, passera. Car Tao n’a que faire de mes états d’âme, la nature non plus. Le soleil se lève chaque matin, la lune suit son cycle, la terre me porte, quoi qu’il arrive. Et Tao m’éveille. Il m’enseigne la discipline, celle qui soutient la vie. Il me ramène à mes besoins primaires, protège mon élan créateur, si vulnérable et facilement menacé. Il m’oblige à assurer sa sécurité et la mienne. À rester en mouvement, même gelée en plein cœur de l’hiver.

Il m’oblige, pour mon plus grand bonheur. Celui de rester pleinement vivante, quelles que soient mes saisons intérieures et celles du monde. Nous avons besoin d’un autre pour rester reliés au souffle du vivant. Alors je vous pose une question, en ce début d’année : quel est cet “autre” qui vous oblige et vous aide à vous lever, contre vents et marées… pour votre plus grand bonheur ?

Crédit photo : Studio Cabrelli.


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