récit d’un lifting savoureux

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J’espère que vous avez passé un bel été. Pour ma part, entre mer et montagne, j’ai réussi à trouver l’air dont j’avais besoin pour me régénérer. D’autant plus que j’avais prévu de profiter de la pause estivale pour réaliser le lifting de mon site internet : l’aligner avec ma pratique d’aujourd’hui, accompagnée par mon amie Vanina*, comme à chaque fois que je veux mettre au monde des projets créatifs mêlant écriture et visuels.

Vanina et moi avons planifié, chaque après-midi, des séances dédiées à la cocréation en visioconférence, entrecoupées de nos semaines de vacances respectives. À l’origine, j’avais fait réaliser un diagnostic pour évaluer le référencement de mon site par Google. Le résultat s’est avéré très mauvais, ce qui m’a motivée à le restructurer et à le peaufiner pour améliorer sa visibilité. Je n’avais pas du tout envie d’y mettre trop de temps ni d’énergie, découragée par les dires de certains affirmant qu’un site internet ne sert plus à grand-chose aujourd’hui… Bref, c’est sans enthousiasme que je m’attelais à la tâche.

écrire des lettres

Le travail avec Vanina allait radicalement modifier mon état d’esprit et ma façon de m’engager dans le projet. Vanina et moi coopérons depuis plusieurs années : c’est avec elle que j’ai conçu l’univers graphique et le site de l’école de la relation humaine. Ici, il ne s’agissait pas de tout refaire, mais de revisiter sa structure et le contenu en effectuant les modifications nécessaires pour mettre en valeur l’évolution de ma pratique.

Ni elle ni moi n’avions d’idées précises sur le résultat attendu. Vanina m’a proposé, dans un premier temps, d’écrire sur les thèmes que j’aborde : éclairer ce que j’entends par la coopération, la robustesse du lien, les outils que j’utilise et leur valeur, une liste de mots clés, de questions telles que je les utilise dans mon accompagnement.

Le trait qui a très vite émergé, c’est mon envie de m’adresser à vous, mes clients, comme si je vous écrivais des lettres. Que l’espace du site internet soit également une modélisation de la manière dont j’entre en relation avec mes clients, le questionnement auquel je les invite, afin que vous, lecteurs, puissiez goûter un peu de mon univers et de la façon dont j’appréhende les sujets que vous me confiez. J’ai donc écrit tous mes textes comme des lettres adressées à vous. Et cela m’a aidé à ouvrir un espace de rencontre.

Ce processus a nécessité quelques ajustements : à la première séance, je sèche, l’écriture est laborieuse. Vanina me propose alors une le cadre de l’écriture créative, à savoir une consigne stylistique et un temps limité pour rédiger mon texte (moins de quinze minutes). Mais voilà, je me sens totalement bloquée, enfermée dans le jugement et la peur de rater. Rien ne vient et, quand cela vient, c’est plat et inintéressant. Mon corps est tendu, ma bouche sèche, je sens un sentiment de frustration et d’agacement m’envahir… Avec l’impression d’être retournée sur les bancs de l’école, ce qui me donne envie de tout arrêter et de partir en courant. Je fais face à mes résistances !

dire avec la sensation

Jusqu’à ce que Vanina me propose d’oublier la question et d’écrire ce qui me vient, à partir de ce qui est là, sans me préoccuper du résultat. « On fait mu-muse ! », insiste-t-elle. Ce qui devient notre mantra et provoque des fous rires. Quelque chose se détend et je sens alors un retournement opérer en moi : ça lâche prise. « Il n’y a pas d’enjeu », me répète Vanina pour m’encourager.

Perplexe, je regarde mes feuilles de papier jaune et mon stylo plume étalés devant moi. Je n’ai pas d’autre solution que de « descendre dans mon corps ». Ou plutôt d’y porter mon attention et de tourner mon regard vers les sensations intérieures, vers ce qui est là. Et c’est ce que je m’autorise à mettre en mots quand ma main se met en mouvement. Ce n’est plus mon mental qui passe à l’acte, c’est de mon ventre que part l’impulsion et peu importe ce qui s’écrit — pour le moment, il s’agit de récolter de la matière et nous verrons bien ce que nous en ferons.

L’expression qui en surgit est spontanée, ludique, légère. Quelle surprise que d’observer ce qui émerge, c’est drôle et étonnamment en lien avec la question ! J’ai la sensation d’avoir compris comment je peux passer d’un état de contrôle, sur lequel pèsent de fortes injonctions (les « il faut » et « je dois ») à une forme de lâcher-prise. Si je reviens à mon désir, au plaisir d’écrire, je consens à laisser émerger quelque chose d’inédit, de singulier.

s’amuser pour atteindre le but rêvé

À partir de cette prise de conscience, le travail se poursuit dans l’amusement : je me réjouis de chacune de nos séances et réussis même à produire, en amont, des textes inspirants, vivants, qui ne rentrent dans aucune case. Je suis loin des critères exigés par Google et choisis de respecter la créativité humaine, de créer une véritable connexion, de préserver ma voix à nulle autre pareille, parce que ma cible est unique.

Créer à partir de cet endroit joueur, insouciant, désirant — dont Vanina est la garante — m’apparait comme une nécessité. C’est là que ce que j’écris est vivant, ça vient de mon vécu et expérience sensorielle des choses. Dans ce huis clos, j’expérimente les sept essentiels que j’ai identifiés pour servir la coopération :

  • la reconnaissance de ma créativité que Vanina encourage par son regard bienveillant
  • la responsabilité de mon engagement dans ce processus
  • l’autonomie à partir du travail d’écriture (et des consignes) que je réalise seule
  • le respect, car pas une seule fois Vanina ne remet en question qui je suis… bien au contraire, elle soutient et renforce ma singularité et son expression
  • la confiance construite par le frottement de nos échanges pour aller plus loin et accoucher de ce que je n’ai pas encore nommé
  • le plaisir, non négociable pour nous deux, résumé par la formule « on fait mu-muse ! »
  • l’équité qui fonde notre relation, à niveau égal (sans rapport de force ni prise de pouvoir), moi en tant que source du projet, elle en tant qu’alliée, et chacune contribuant à une mise en œuvre commune

J’ai réalisé à quel point ce travail de cocréation nourrit l’accompagnement que je propose, combien nous en avons tous besoin, tant cet espace réceptif est menacé s’il ne se présente aucun écrin pour le cultiver. Dans cette bulle, je prends soin du lien, de votre créativité innée, du jaillissement de la vie en chacun de vous, de ce qui s’épanouit par l’ouverture et le non-jugement : le désir.

Le lien est particulièrement vulnérable. Aucune technologie ne le remplacera jamais, seule la présence physique, le corps à corps peut le générer. À certaines conditions toutefois : en cultivant les sept essentiels.

le temps du plaisir retrouvé

Ici, le désir rime avec plaisir. Ce plaisir dont vos équipes expriment fortement le manque. Laissez-moi vous aider à le réanimer, par le questionnement de mon diagnostic relationnel. Par exemple, sur une échelle de 1 à 10, où situez-vous le plaisir dans votre travail ? Quelle place offrez-vous à votre désir ? Dans votre quotidien, quels sont les espaces réservés à la cocréation ?

Autre précision concernant le processus créatif entrepris avec Vanina : j’ai lâché mon objectif en termes de délai. Au lieu de m’obstiner à achever le lifting de mon site fin août, j’ai renoncé à la pression du temps. Il sera mis en ligne fin septembre et tout va bien.

Faire alliance avec le temps, lui laisser jouer sa partition et apporter sa semence. D’autant plus qu’il nous a fallu composer avec les épisodes de canicule et nos cerveaux en bouillie. Nous étions parfois accablées de fatigue, ce qui finalement s’est avéré opportun, car c’est dans le lâcher-prise et l’ouverture à l’inconnu qu’une voix inédite s’est fait entendre et que j’ai pu écrire ce que jamais je n’aurais pu prévoir.

Je prends conscience, en vous écrivant, que c’est ce même processus que je mets en place dans mes accompagnements quand j’offre un cadre, un espace-temps, les sept essentiels : le résultat est le fruit d’une cocréation dont personne ne connait l’issue au départ.

À quand notre prochaine séance créative ?

*Vanina Gallo est coach, artiste visuelle, graphiste, auteur. Elle accompagne et met en forme des projets visuels porteurs de sens en vous associant au processus créatif. Son site est à découvrir ici.


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