les fondements
L’article qui suit a été introduit par un récit à découvrir dans C’était pour rire ! Quand l’humour tue, étayé par un outil à décrypter dans Oser dire. L’écoute inconditionnelle.
La présence comme outil d’aide à la relation ne va pas de soi. Il est sans doute plus naturel de chercher à agir sur l’autre, comme la psychologie l’a préconisé pendant de nombreuses années : interpréter, analyser, corriger. C’est dans ce contexte que Carl Rogers, psychologue américain, a révolutionné la relation d’aide, en introduisant une approche devenue incontournable dans toutes les pratiques d’aide à la personne : l’Approche Centrée sur la Personne, dont le principe premier est l’écoute.
l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers
Fruit de sa pratique et de ses recherches, c’est dans les années cinquante et soixante que Carl Rogers développe une approche, à l’époque révolutionnaire, dont la philosophie consiste à réhabiliter l’être humain dans sa capacité à trouver en lui les ressources dont il a besoin pour croître. En partant du constat que ce n’est pas la technique qui est aidante, mais la qualité du lien.
les trois conditions de la relation d’aide
Pour aider l’autre, Carl Rogers identifie trois conditions qu’il considère comme nécessaires et suffisantes pour le consultant :
- l’empathie : la capacité à percevoir le monde intérieur de l’autre comme sien, toutefois sans s’y confondre et sans s’y perdre, en gardant la juste distance.
- la congruence : l’authenticité de l’aidant, sa présence consciente dans la relation, sans masque ni façade ; être là et nommer ce qui est capté dans le moment présent.
- l’acceptation inconditionnelle positive : accueillir la personne telle qu’elle est, sans condition, ni jugement, ni évaluation ; en restant dans le ressenti.
L’approche de Carl Rogers repose sur une vision humaniste de l’être humain, considérant chaque personne comme unique, digne de respect et capable d’autodétermination.
quand la relation réhabilite
Dans une situation conflictuelle, nous avons tendance, la plupart du temps, à nous se saboter en refusant la souffrance à laquelle nous sommes confrontés… La possibilité d’être entendu et accueilli par un autre que soi engendre un déplacement intérieur — si je suis vu, si je suis cru par un autre, alors je peux faire également ce pas vers moi-même — et aide à prendre la mesure de notre vécu et de nos ressentis, à reprendre notre pouvoir. Seule l’acceptation inconditionnelle permet de trier le bon grain de l’ivraie, d’assumer la responsabilité qui nous engage vis-à-vis de nous-mêmes et notre liberté de choix.
C’est exactement ce que Claire a vécu dans ce bureau. Arrivée la peur au ventre, habitée par le doute et la honte, elle portait depuis trop longtemps quelque chose qu’elle n’osait pas nommer — ni pour elle-même, ni pour les autres. Ce que Carl Rogers appelle l’acceptation inconditionnelle positive, c’est ce qui a rendu possible ce pas vers l’acceptation d’elle-même ; non pas parce qu’on le lui a demandé, mais parce qu’elle s’est enfin sentie accueillie.
La présence de l’autre autorise ce que, la plupart du temps, on ne s’autorise pas soi-même. Car nous sommes souvent notre premier bourreau, victime de nos conflits intérieurs que la présence inconditionnelle d’un autre que soi peut aider à démêler pour retrouver le chemin de la paix intérieure.
les résultats en mots
« Vous m’avez libérée en me permettant de mettre des mots sur ce que je n’arrivais pas à nommer, un mal qui me rongeait de l’intérieur, une souffrance qui m’a fait passer de la taille 42 à 34 en un temps record, comme si j’étais devenue anorexique. Cet accompagnement m’a ouvert les yeux, m’a aidé à retrouver confiance et a su restaurer ma dignité. Il m’a permis de tourner la page, de progresser et, à l’avenir, de dire “non” et “stop” à ce qui ne me convient pas. » — Joséphine, responsable clientèle Entreprise
Pour approfondir : Carl Rogers, Le développement de la personne, Dunod, 1961.





